J’ai envie d’écrire un poème
Il y a trop longtemps
Un poème empli de visages
Pour leur dire merci
Pour poser des baisers sur leurs joues,
Sourire à leurs yeux
Il est un acte éphémère _ et pourtant_
qui est de créer.
Créer à un corps, créer à deux corps
Créer à une voix, deux, douze
Rien ne reste _ que de l’avoir fait
Seul le temps et
l’espace
sans
en garder trace
ont été bousculés
d’un mouvement
d’une
grâce
Seul l’un à l’autre se sont arrachés
quelque
chose
Et se sont offerts
autre
chose
Que reste-t-il ? qu’un trou
Et
ferme les paupières pour y couler
l’onde reçue, qui ne le comble pas, mais comme l’excite.
La conque qu’on creuse dans le sable
près
le rivage
et
que la mer vient avaler par en-dessous.
L’instant revient.
Et l’on est plus présent encore.
les regards attrapés, ou l’oreille qui veut tout saisir
le pouls près de la chair
JOIE !
S’éteint.
Quel dieu était là ? toi
l’homme
En
la merveille de corps, que tu as, vif dans le temps
Serait-ce l’éternité ?
l’insaisissable
création
déchirure
accueillant les flots
roche
soulevée de danse, chantant
Que reste-t-il ?
Que
le désir de poser des baisers sur leurs joues _jeu de joie
de
sourire à leurs yeux _ ô joie
aimer
comme l’enfant
poser
une tuile sur un toit
creuser
d’un doigt, fouir la graine en terre, tasser du poing
lâcher la feuille de laurier flotter sur l’eau des lentilles
tirer l’aiguille d’une robe
épeler l’alphabet à la petite voix qui répète.
merci
et je suis là
car Tu es là
22.02.2017
à la minuit
Salon de Provence